Plutôt que de passer beaucoup de coups de fil et pour éviter d'entendre toutes sortes de théories diverses et variées, je préfère relater l'incident survenu aujourd'hui au Pic des Mouches.
Tout d'abord, je rentre tout juste de l'hôpital Nord où Thomas, mon frère, est hospitalisé, dans le service d'orthopédie. Il va bien, proportionnellement beaucoup plus de peur que de mal. Il souffre d'une fracture d'une vertèbre lombaire, sans complication neurologique. Le pronostic est bon, il devra porter un corset pendant 3 mois mais pourra se lever rapidement.
Aujourd'hui, au Pic des Mouches, les conditions étaient thermiques; fortes mais sans être particulièrement malsaines pour ce que j'ai pu en voir depuis le décollage. Les nuages ont par contre pris rapidement un aspect menaçant, mais cela n'est en rien responsable de l'accident de Thomas. Il a décollé et a volé +/- 10 minutes entre le Vespres et l'Aigle. Se faisant descendre, il gratte au relief en dessous et devant le déco, sans faire d'erreur particulière, à un endroit où nous avons tous sûrement déjà gratté, et probablement encore plus près. Brutalement sa voile fait une fermeture d'environs 70/75%, immédiatement suivie d'un départ en autorotation. Configuration qu'elle garde jusqu'au sol, 30 mètres plus bas. Thomas m'explique avoir bien contré sellette mais ne pas avoir eu le temps de faire grand chose d'autre avant de voir le relief arriver, après 1.5 / 2 tours d'autorot.
Il a percuté directement sur un moussebag de 17cm, qui lui aura très certainement évité de plus graves lésions, au même titre que son casque qui porte encore la trace de l'impact.
Les secours sont rapidement intervenus et il a été héliporté à l'hôpital Nord.
En effet Thomas n'a que peu de vols à son actif et le Pic n'est pas un site école, néanmoins il volait à un endroit où nous volons tous, il n'a pas fait de faute de pilotage et compte tenu de sa hauteur sol, ne pouvait pas faire grand chose pour éviter l'impact. Pour avoir vu la cascade du début à la fin, je ne pense vraiment pas que j'aurais fait grand chose de plus si j'avais été à sa place. A la question "est-ce qu'il aurait dû décoller aujourd'hui ?" il vous répondra bien évidement que si il avait su il serait resté à jouer à la playstation à la maison ! Mais si il était passé au même endroit 5 minutes plus tôt ou plus tard, est-ce que tout ne se serait pas bien terminé ? Le jour où Ingmar a eu son accident fatal, nous avons pris de belles fermetures, plusieurs 30% pour moi, une belle demi-aile pour Marie et pour d'autres. Personne n'a eu d'accident, peut-être par grande maîtrise du pilotage et de l'aérologie, mais aussi et comme souvent, le facteur chance n'est pas à négliger. Aujourd'hui Thomas en a manqué par rapport à moi qui aurait été à sa place 3 minutes plus tard ou qui y était il y a moins de 10 jours, à batailler au relief pour me refaire. Par contre sa bonne étoile ne l'a pas abandonné et il s'en tire miraculeusement bien.
Je profite du post pour remercier Lionel et Philippe qui m'ont aidé pour prendre en charge Thomas sur les lieux et qui ont rangé le matériel. Merci à Bres d'être venu nous chercher au Col des portes et merci à tout ceux qui ont pris des nouvelles de Tom, je lui transmets vos messages de prompt rétablissement.
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