Vendredi 7 avril 2006
PARTIR VOLER SEUL
En réponse au commentaire de Marc LASSALLE à propos du parachute de secours, et de la décision de voler avec ou sans, dans quelles conditions et sous quel type de voile, je rajouterai au niveau de l'engagement que ça implique, la décision de partir voler seul.
Quand on vole sans secours, on sait très bien qu'il n'y a pas de deuxième chance et que le moindre incident, ( problème sur la voile, aèrologie violente, nombre important de pilotes sur une zone restreinte ) peut tourner au drame.
Il faut en être conscient et maitriser parfaitement tous ces paramètres autant que faire se peut ...
Quand on décide de partir voler seul, de surcroît sur un site peu fréquenté et un peu sauvage, on se retrouve dans les mêmes conditions.
Voler seul, c'est reprendre sa propre mesure, c'est se retrouver avec soi même pour prendre les bonnes décisions au bon moment et ça fait du bien, il faut le faire de temps en temps pour réapprendre à analyser seul les conditions en sachant qu' il n'y aura q'un fusible : nous.
Ce soir je suis rentré du boulot à 17 h, il y a eu du Sud sympa toute l'après-midi, mais trop loin et trop tard pour aller sur la Sainte, pas envie de monter au Garlaban, alors je décide de filer au Taoumé en moto.
Je contourne la barrière qui est fermée, à cette heure les municipaux d'Allauch et les agents de l'ONF ont fini semaine, je ne risque de rencontrer que les chasseurs qui viennent remplir les petits abreuvoirs pour le gibier ou les patrouilles des comités des feux de forêt.
C'est ainsi que je me retrouve au sommet dans la plus parfaite illégalité.
Le déco Sud n'a pas été entretenu, je débroussaile un peu, remets une flamme en haut et sur les cotés, monte sur crête pour prendre la mesure du vent : 22km/h en pointe, ça devrait le faire !
Je surveille à plusieurs reprises l'orientation de la biroute, c'est bien Sud avec parfois une petite tendance Sud-sud/ouest, idéal, pas comme il y a trois ans où je m'étais fait piéger par du Sud-est un peu fort, sous le vent du Garlaban, dans les rouleaux et où j'étais allé poser aux oreilles après m' être fait fermer plusieurs fois.
Aujourd'hui, c'est nickel, mais je suis seul, le portable passe, mais pas de collègue pour plaisanter et détendre l'atmosphère, pas un chat dans la colline face au vallon de Passe-Temps.
Visite prévol soignée, petit prégonflage pour bien visionner le cône de suspension, pas de clefs dans les suspentes, on attend le crénau optimal parcqu' y a dégun pour t'aider si tu te fais trainer ou si tu fous ta voile dans les kékés.
Traction sur les avants, la voile monte, je m'avance vers elle, retournement rapide, légère temporisation, et le vario se met à biper, ça monte.
Décollage réussi, en s'avançant vers la falaise le vario en remet une couche, du thermodynamique de rêve, même pas la peine d'enrouler, face au vent, bras hauts,ça bipe.
J' atteins vite le sommet de la vague, 800m, soient 300m au dessus du Taoumé.
Je file sur Tête Ronde en survolant une bonne partie du circuit Marcel Pagnol, au retour je croise un descendant du Grosibou qui fait du soaring sur les barres de Saint Esprit.
Balade magique dans de l'huile et du miel, maintenant repose au sommet pour éviter la remontée à pied.
Multiples tentatives car ça relance un max, tantôt trop haut, tantôt trop bas, souvent trop vite, approche aux oreilles, mais même aux oreilles ça repart, alors patience, pas le droit à l'erreur surtout qu'on joue près du relief et qu'il n' y a personne pour t'aider en cas de pépin.
Attendre la petite baisse de régime qui permettra de poser comme une fleur.
Et passe et repasse les yeux rivés sur la zone de poser, arrivée en crabe en tangentant la pente, finale aux oreilles et c'est gagné, posé vivant, posé content.....
Pliage de l'aile dans la lumière du couchant et dans les odeurs de thym et de romarin de la garrigue.
Un petit vol de rien du tout, finalement, mais tellement chargé en émotions, un peu comme ces tous premiers vols, quand on se sent seul et qu'on a à la fois peur et envie....
Demain, il y aura tous les copains, ce sera différent, plus convivial, plus sympa, mais des moments comme ce soir, ça fait un bien fou, on a l'impression d'être le roi du Monde.....
A +
Loïc
En réponse au commentaire de Marc LASSALLE à propos du parachute de secours, et de la décision de voler avec ou sans, dans quelles conditions et sous quel type de voile, je rajouterai au niveau de l'engagement que ça implique, la décision de partir voler seul.
Quand on vole sans secours, on sait très bien qu'il n'y a pas de deuxième chance et que le moindre incident, ( problème sur la voile, aèrologie violente, nombre important de pilotes sur une zone restreinte ) peut tourner au drame.
Il faut en être conscient et maitriser parfaitement tous ces paramètres autant que faire se peut ...
Quand on décide de partir voler seul, de surcroît sur un site peu fréquenté et un peu sauvage, on se retrouve dans les mêmes conditions.
Voler seul, c'est reprendre sa propre mesure, c'est se retrouver avec soi même pour prendre les bonnes décisions au bon moment et ça fait du bien, il faut le faire de temps en temps pour réapprendre à analyser seul les conditions en sachant qu' il n'y aura q'un fusible : nous.
Ce soir je suis rentré du boulot à 17 h, il y a eu du Sud sympa toute l'après-midi, mais trop loin et trop tard pour aller sur la Sainte, pas envie de monter au Garlaban, alors je décide de filer au Taoumé en moto.
Je contourne la barrière qui est fermée, à cette heure les municipaux d'Allauch et les agents de l'ONF ont fini semaine, je ne risque de rencontrer que les chasseurs qui viennent remplir les petits abreuvoirs pour le gibier ou les patrouilles des comités des feux de forêt.
C'est ainsi que je me retrouve au sommet dans la plus parfaite illégalité.
Le déco Sud n'a pas été entretenu, je débroussaile un peu, remets une flamme en haut et sur les cotés, monte sur crête pour prendre la mesure du vent : 22km/h en pointe, ça devrait le faire !
Je surveille à plusieurs reprises l'orientation de la biroute, c'est bien Sud avec parfois une petite tendance Sud-sud/ouest, idéal, pas comme il y a trois ans où je m'étais fait piéger par du Sud-est un peu fort, sous le vent du Garlaban, dans les rouleaux et où j'étais allé poser aux oreilles après m' être fait fermer plusieurs fois.
Aujourd'hui, c'est nickel, mais je suis seul, le portable passe, mais pas de collègue pour plaisanter et détendre l'atmosphère, pas un chat dans la colline face au vallon de Passe-Temps.
Visite prévol soignée, petit prégonflage pour bien visionner le cône de suspension, pas de clefs dans les suspentes, on attend le crénau optimal parcqu' y a dégun pour t'aider si tu te fais trainer ou si tu fous ta voile dans les kékés.
Traction sur les avants, la voile monte, je m'avance vers elle, retournement rapide, légère temporisation, et le vario se met à biper, ça monte.
Décollage réussi, en s'avançant vers la falaise le vario en remet une couche, du thermodynamique de rêve, même pas la peine d'enrouler, face au vent, bras hauts,ça bipe.
J' atteins vite le sommet de la vague, 800m, soient 300m au dessus du Taoumé.
Je file sur Tête Ronde en survolant une bonne partie du circuit Marcel Pagnol, au retour je croise un descendant du Grosibou qui fait du soaring sur les barres de Saint Esprit.
Balade magique dans de l'huile et du miel, maintenant repose au sommet pour éviter la remontée à pied.
Multiples tentatives car ça relance un max, tantôt trop haut, tantôt trop bas, souvent trop vite, approche aux oreilles, mais même aux oreilles ça repart, alors patience, pas le droit à l'erreur surtout qu'on joue près du relief et qu'il n' y a personne pour t'aider en cas de pépin.
Attendre la petite baisse de régime qui permettra de poser comme une fleur.
Et passe et repasse les yeux rivés sur la zone de poser, arrivée en crabe en tangentant la pente, finale aux oreilles et c'est gagné, posé vivant, posé content.....
Pliage de l'aile dans la lumière du couchant et dans les odeurs de thym et de romarin de la garrigue.
Un petit vol de rien du tout, finalement, mais tellement chargé en émotions, un peu comme ces tous premiers vols, quand on se sent seul et qu'on a à la fois peur et envie....
Demain, il y aura tous les copains, ce sera différent, plus convivial, plus sympa, mais des moments comme ce soir, ça fait un bien fou, on a l'impression d'être le roi du Monde.....
A +
Loïc
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