Bonjour à tous!
Les paralpinistes existent aussi, même s'ils sont très (trop) discrets et si leurs vols sont moins spectaculaires!!
Alors allons y: Ce coup ci encore je pars seul car les autres du groupe: Marc et Marc, Jean-Marc, Michel, Serge, etc. sont au boulot ou en vacances. Je ne déteste pas, au contraire. Voler seul donne une autre dimension au parapentecelle d'expérimenter sa propre autonomie, avoir à tout décider seul, sans discussion concertée avec les autres sur le vol.
Mercredi 18 donc, départ pour La
Bérarde, dans le Massif des Ecrins et montée au refuge de Temple Ecrins (2410m.). Bonne bouffe et acceuil très sympa.
Jeudi: lever 4h. pour le Col des Avalanches (3499M.) entre le Fifre et la Barre sud des Ecrins face sud. Vue impressionnante sur le Glacier Noir 400m. en contrebas du couloir d'un côté et les Rouies de l'autre.
Le soleil vient de se lever et éclaire le haut du couloir et au loin les Rouies que j'ai "volée" il y a près de 10 ans déjà. Décollage tranquille sans crampons avec vent un quart de côté sur le glacier pour un vol très élévé (1760m.) sur le vallon du Vénéon pour rejoindre en bas la Bérarde et son petit déjeuner! Le soir, après la sieste, remontée au refuge du Chatelleret (2232m.) pour passer la nuit.
Vendredi, lever 4h. pour le Col de la Casse Déserte (3483m.). Je me suis gourré dans la nuit et me suis retrouvé au Col du Clos des Cavales à 3100m. Difficile de trouver de la neige pour étaler: ce col est une immense moraine de gros cailloux. Finalement j'arrive à trouver 28m2 pile pour la voile dans un endroit très pentu et à travers vent... Une heure pour enlever les cailloux, installer les petits piquets pour faire tenir la voile sur le névé pentu, protéger les suspentes et attendre un semblant de vent de face. Je n'ai pas envie de remonter et réétaler.. Ça part du premier coup. Je suis inquiet car l'attéro est loin et je n'ai rien pour attérir en milieu de vallon des Etançons. Je baisse la tête et tâte l'accélérateur de temps en temps. Au milieu du vol ((1400m.), je prends une bouffre très violente que je n'arrive toujours pas à expliquer par les byzarreries du relief. Grosse abattée que je contrôle par les freins aux genoux pour ne pas tomber dedans...
Le samedi, pour me finir, je monte dans un des plus beaux vallons des Alpes: le vallon du Soreiller que surmonte l'Aiguille de la Dibonna, une des Mecques de l'Alpinisme des Alpes. Repos au refuge (2719m.) avec les jumelles, en chaise longue au soleil levant, pour apprécier la progression des grimpeurs dans cette face impressionnante de verticalité. Le fond de vallée est dans une mer de nuages: l'attéro est invisible. J'attends en espérant que le soleil chauffe tout ça et dissipe la nébia. C'est chose faite vers 9h. Je m'empresse d'étaler devant le refuge dans l'herbe parsemée de crottes de chamois. Car très tôt vers 10h. le vent de vallée est tel que le vol devient sportif. Un vol un peu trop balistique à mon goût (1200m.), mais c'est le plus souvent la règle en haute montagne. Je me prends tout de même une bouffe inattendue à 10m. sol qui fait que je me vautre devant les touristes juste à côté d'un énorme rocher que j'évite de justesse....Un parapentiste pyrénéen m'invite à boire le café...
Voilà. Carton plein, plein les yeux, plein de bonheur en dedans.
Content de partir seul et d'avoir à gérer toutes les difficultés et les décisions qu'on a trop l'habitude de gérer en groupe, diminuant ainsi l'engagement que constitue un vol inconnu en haute montagne.
La solitude, un sac "impondérable" malgré la voile montagne, l'incertitude sur la possibilité de voler, l'isolement, un milieu un peu hostile et en tout cas inconnu, une météo incertaine, des conditions aérologiques capricieuses durant le vol, des zones d'attérissage et de décollage à découvrir et aménager sur place : bref l'incertitude, la prise de risque calculée. Ça marche pourtant en respectant bien la montagne: voilà un plaisir insurpassable pour le paralpiniste. Surtout quand dame nature nous offre 4 jours durant une météo rien que pour nous être agréable, à nous paralpinistes discrets...
Des masos heureux, quoi...
Pierric
Quelques photos supplémentaires du même endroit mais daté d'avril 2006:ajouter un commentaire commentaires (9) recommander

















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