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Publié par Jacques Bascou

La météo semble favorable pour ce jeudi 20 Août 2009.

Mais j'ai peur qu'il y ait un peu de stabilité. Les grosses chaleurs sont pour moi synonymes de stabilité, mais 2003 nous a démontré que ce n'était pas forcément vrai.

En route pour le col des Portes, Julien m'appelle pour me dire qu'il y a de l'Est modéré à Signes. Toute la montée, je trouverai cet Est, je continue de monter, mais honnêtement, je me demande même si on pourra décoller. Pourtant la météo annonçait du vent, 10 noeuds à tous les étages, mais pas 20. D'autant que toutes les balises confirment les 30 ou 40 Km/H.
Au déco, avec Fred et Jean-Luc, on fait plutôt des plans pour savoir comment retourner au col si on pose devant, que pour aller loin derrière.
Le vent faiblit pourtant, il se redresse un peu, et surtout il est plus régulier et moins fort. Les premiers cums apparaissent. Sans vraiment d'excitation, on décolle vers 13H; Fred en premier, puis je le suis, puis Jean-Luc. On va vers le Baou, ou on monte bien, à tous les trois, et sans se faire trop tordre. 
Premier plaf à 2300, mais sans arriver à monter aux nuages. Etrangement, à cette altitude, on prend du SO léger. Je vois Fred et J-L qui retournent vers le déco, je ne les reverrai plus.
Première transition donc vers les nuages sur la montagnes des Ubac, direction NE(!!) il me faut aller à l'Est du nuage, puis ça monte mieux, (2800), puis la Vautubière, où je monte à 3300. Le vent est bien SE. Première grosse transition vers le Lubéron, une directe de 18km, qui m'amène à 1300 sur le Lubéron. Jamais évident ce coin, avec des brises dans tous les sens, des cums qui mettent tout à l'ombre.
Je m'en sortirai en perdant 2 ou 3 fois le thermique, vers 2400 sur Reillane. C'est le premier point bas, mais il est classique. A noter ma première frontale avec cette voile, mais rien de malsain. Je pourrai facilement tracer vers le Ventoux, mais je me dis que celui-ci passé, cela deviendra beaucoup plus délicat. Il me faut à chaque fois du temps pour trouver les thermiques, j'ai l'impression que ce sont plus les nuages qui instabilisent que la chaleur classique.
Puis, en avançant, ça ira mieux, je vais remonter à + de 3000 au niveau du canyon d'Oppedette. Un autre Thermique au niveau de Banon, puis au niveau du Revest me permettront de retrouver mon niveau de croisière vers 3300. Lure est passé dans ces eaux là, puis une petite baïonnette vers l'Est pour me repositionner dans l'axe d'un alignement, puis je trace vers le Nord. 
Me voila vers Lesches, les points bas sont vers 2800. Je perds du temps à chercher des thermiques, qui sont puissants, mais petits. Ce vol ressemble à celui que j'avais fait, mais Glandasse est tout bleu, alors qu'il y a plein de nuages vers le Vercors. Comme il y a de jolis plafs, je prends l'option Vercors.
Je n'aurai jamais cru passer dans le coin du cirque d'Archiane, mais l'altitude aide bien. J'aimerai raccrocher les crêtes du Vercors, vers le Grand Veymont, là ou il commence à y avoir une vraie   crête qui fait face à l'ouest. Le plateau du Vercors est à mes yeux le plus beau coin du monde, mais il est absolument désert, et je n'aimerai pas m'y poser dessus. Heureusement, je me prends un thermique, bleu, vers Chichilianne, qui va me permettre de survoler majestueusement le Mont Aiguille, à plus de 3000 m.
En dérivant SE, alors que j'étais plutôt SSO un peu avant, je comprend que j'ai affaire à une confluence qui fait tout le Vercors. Je me lance donc vers l'Ouest pour rattrapper cette confluence, mais je vais presque de suite monter. Bingo!!!
Se faire toute la crête du Vercors à plus de 3000 m, à plus de 50 Km/h est un grand moment. Je me maudis de ne pas avoir pris d'appareil photo. 
La confluence se termine un peu au dessous de Moucherotte. J'ai bien repéré que le soleil se cache un peu sous un voile. Les cums qui m'attendaient de l'autre côté de Grenoble se sont tous éteints trés rapidement. Je continue donc vers le Néron où je ne prendrai rien, puis vers la crête de la Pinea, mais le coin est très malsain. Demi-tour donc vers le fort St-Eynard, où je vois les arbres pliés par une forte brise d’ouest. Je me refais un peu, avant de plonger vers les champs qui sont de l’autre côté de la vallée de l’Isère.
En arrivant de l’autre côté , comme il me reste une cinquantaine de mètres avant mon champ d’atterrissage, je m’amuse à m’appuyer sur le versant qui est juste derrière. Et ça remonte…
Mais c’est du 0,5. Ca me parait délirant de continuer à me battre, après une journée passée à plus de 3000, à moins de 600m, d’autant que si il y a   beaucoup de champs, ils sont tous pleins de maïs. Pas cool de se poser là-dedans. Mais d’un autre côté, je vois mon GPS, qui indiquait tout à l’heure 190 Km, et je me dis que ça serait vraiment couillon de poser si près d’un 200 bornes. Je décide de continuer, en repérant les rares champs posables au loin. J’aimerai passer les 200 bornes en ligne droite.
Je vais ainsi gratter pendant quasiment une heure. Le GPS est redescendu à 185, et il remonte, mais avec une lenteur de comptable Suisse. A un moment, je vais même remonter à 1400. Je vois l’ombre qui gagne petit à petit toute la plaine, et soudain, alors que je viens de passer le km 195, je me rends compte que j’ai le vent de face.
Je joue sur l’accélérateur, en surveillant la finesse qu’affiche mon vario, ça descend toujours. Puis enfin, le vario affiche 200. Ouf, je peux dégager vers la vallée. De toute façon, j’aurai eu du mal à aller bien plus loin. 
Pas question de rentrer bien sûr, mais comme c’est mon jour de chance, je vais tomber sur une femme qui va à la gare de Grenoble. Donc, pas de question, je dors à l’hôtel, puis je rentrerai demain en train.
Pas trop un bon plan parce que la température dans Grenoble est tout à fait étouffante, même à 3 heures du matin. C’est même la chaleur qui m’a réveillé à 6H. 
Retour donc en TGV, avec un monsieur SNCF qui s’obstine à vouloir me faire aller à Aix TGV, ce qui me fera passer, par un changement à Valence, puis à Nimes. Comme la navette est bien en retard, je tente le stop, avec toujours beaucoup de chance puisqu’un bonhomme (en 206 cabriolet  SVP) fera le détour pour me déposer à Vauvenargues. Arrivé à la voiture à 12H30.


La trace GPS cliquer ICI 

Mis en ligne par Raymond  

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jaccoulin 26/08/2009 17:14

Salut Raph, j'en profite pour te remercier pour tes conseils. A t'avoir vu voler, je crois que j'ai pas grand chose à t'apprendre. Tu as fait un super vol l'autre jour. Si tu descends dans le coin, fais moi signeA+

Rabat Joie 25/08/2009 16:27

Si je comprends bien, il suffit de rester au dessus 2500m! Trop facile!!!! Voilà le secret de maître Jacques!!! Faut rester là haut, tout simplement! pas s'embêter avec les nullos à tournicotter dans les basses couches! Fallait y penser!!!

Raph 25/08/2009 12:15

Je crois avoir eu l'honneur de voler avec toi au départ d'un petit site du Doubs: Planoise Est. J'ai pu admirer pendant la partie du vol que nous avons faite ensemble tes qualités de pilotes et de navigateur. Ce récit confirme mes impressions! Bravo!

Bams 24/08/2009 16:01

à défaut de photos ,y'a rien a faire ;je bave devant la trace !

Bams 22/08/2009 18:58

Mais arrettez de le féliciter , cet homme porte une perruque ! c'est un usurpateur ! non vraiment ...............je déconne ! j'écris ceci depuis la maison des Bauges de Loic , ce chien galeux m'avait promis de mettre un petit commentaire de ma part , et ce fourbe ignoble a écrit ce que je voulais te dire , Jacques , moi aussi tu m'a dis un jour ;place aux jeunes , tu m'a même dis , ouais ...je me fais vieux , alors voila la releve .... en parlant d'un blairoton comme moi ! ( bébé blaireau ) , tu viens de réaliser ce dont je rêve dans mes rêves les plus fous ! sauf les rêves érotiques... lorsque ;apres avoir monté au pic des mouches en suivant Olivier Bres  revetu de son petit short en satin taille 12 ans .... mais ....je m'égare ... Jacques tu m'impressionneras décidement toujours !! .