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Publié par Djerzy

 

Le texte de Béa:

Bon c’est vrai, on peut le dire maintenant, on s’en est mis jusque là !

On s’est gavé pendant une semaine, une semaine de soleil et de ciel d’azur, de paysages magnifiques,de beaux vols surtout dans les thermiques espagnols parfois un peu teigneux mais capables aussi de nous emmener très haut, si haut au-dessus des plaines fauves fumant de chaleur !

Olé !

Certains sont allés très loin dans la distance et la fourberie, surtout Jean Mi, particulièrement le dernier jour quand la plupart d’entre nous étaient déjà partis !!! mais on était déjà tellement contents d’avoir fait des heures de vol au-dessus de la Sierra et pour certains de beaux cross, y compris le passage de ce fameux col qui ouvre les portes de la plaine d’Avila...

Et puis les vols du soir, à partir de ce beau déco en herbe avec reposes au sommet dans la lumière dorée jusqu’au coucher du soleil. Somptueux !

Bon je vous raconte une journée à Piedrahita, vous allez voir comme c’est cool l’Espagne !!

9h du matin : le soleil me tire du lit, et les bruits des premiers petits déj sur la terrasse du gîte à Bonilla. Je ne suis pas la première, loin de là. Laurent le boulanger, pétrit son pain depuis les aurores aux doigts de rose, et Cathy et Jean-Luc profitent de la fraîcheur matinale toute relative pour leur jogging quotidien. Quand ils sont trop fatigués, ils font du VTT...Je crois que je ne les ai jamais vus s’arrêter sauf une fois où j’ai surpris Cathy en train de dormir à la piscine !

11h dans le jardin, séances de stretching intense pour Patricia et Erik...Les autres jouent au tarot tranquilles sous les arbres fruitiers. Je découvre les joies du poker.

Les mouches commencent à attaquer sévère, on est dans un pays de bétail !

Je me promène dans Bonilla minuscule village blotti autour d’un église incroyable de simplicité et de beauté, les clochers sont coiffés d’immenses nids de cigognes. Il n’y a personne, on dirait un décor de film. La chaleur croît et on préfère raser l’ombre fraîche des murailles.

12h 30 Vamos al despegue ! La navette est longue sur une bonne route et l’on peut repérer au passage les éventuels atterros de secours, important car l’officiel est plutôt à perpet... mais ça le fait très bien avec un peu de gaz et pas trop de vent qui contre.

Les Gunners de la CFD sont déjà aux aguets tels des vautours , leurs lames de couteau étalées sur le déco. Ils n’ont pas le temps d’attendre les bonnes conditions, ils vont si loin qu’ils ont besoin de temps pour réaliser leurs 250 km quotidiens.

On attend encore un peu et le plus impatient finit par craquer ! Après, en l’air, c’est un vrai régal d’enrouler les bons gros thermiques qui vous montent quelquefois à 3500m et même plus !

Mais faut pas croire que ça empêche les points bas. Le mieux c’est d’avoir toujours quelqu’un devant soi.

Certains fourbes ont bien tiré leur épingle du jeu tel Pascal nous signe un joli 90 bornes alors que je le croyais posé !

Les paysages sont incroyables, contrastes entre les montagnes vertes et les plaines qui s’étendent à l’infini, espaces de folie qui reculent l’horizon. Petits villages endormis découverts à la verticale, rapaces, vautours et milans qui vous accompagnent dans les ascenseurs !

Les villes jaillissent du blé, nichées dans des trous avec leurs incroyables clochers.

16 ou 17h fin du vol pour la plupart ( sauf les extra-terrestes). On est posés un peu partout le long des routes en plein cagnard. Fait soif. Les radios grésillent. Ceux qui n’ont pas volé ont la gentillesse de nous faire des récup très appréciées car le stop ne marche pas trop dans ce coin. Merci en particulier à Cathy et Patricia qui ont été super efficaces à repérer les gros sacs le long des pampas cramées de soleil !

Entre temps ça ronfle au déco et seuls les deltas se mettent en l’air ! C’est l’heure de la sieste ou de la piscine...On est complètement passés à l’heure espagnole.

19h 30 retour au déco pour le vol tranquille du soir. Conditions laminaires, reposes au déco..dans les marécages humides parfois, mais ça rafraîchit les pieds.. Le premier soir, le vent est vraiment soutenu et je rentre à peine à Piedrahita à fond sur l’accélérateur..les autres fois, c’est mieux. Le dernier soir, Patricia et Sylvain s’envolent côte à côte pour un long plané dans la lumière dorée.

22h 30 dîner sur la terrasse... Ah le tagine de Sylvain !!!! On refait en parlant les vols du jour, des vols de demain, des vols de toujours... ambiance...

Puis place à Alex le maître des jeux pour de folles parties de loups-garous dans la pénombre. C’est un jeu de rôles qui dure pas trop longtemps et qui ne fait pas faire de cauchemars (quoique...)

Noche... chauves-souris et chouettes, sorcières et loups-garous !

Un seul jour sans vol car trop venté nous a permis de découvrir Piedrahita et Ségovia, son aqueduc romain et sa cathédrale impressionnante et puis la vieille ville, les tapas, le Rioja et une drôle de statue qu’on croyait vivante. Maléfices ou abus de vino tinto...

Donc une semaine intense ! merci à Jean-Mi de nous avoir fait découvrir ce site prestigieux, difficile et généreux comme la grande Espagne.

Un gros bisou à Corinne Oupinie qui s’est cassée la jambe en tombant simplement de sa hauteur, alors qu’elle assistait tranquillement aux décos, effrayée par un parapentiste installé au-dessus qui avait loupé son envol et a rasé sauvagement le déco du dessous que nous préférions. Trop injuste . Bon rétablissement à elle ! On a passé de très bons moments et partagé plein de choses.

A refaire l’an prochain !

Béa

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Le texte de Jean-Mi:

Dgilou est formel, (un espion gréolien rapporté à notre groupe J ) ce samedi 31 juillet les émagrammes nous sont favorables . Il ira même faire à l’église de Bonilla quelques « Je vous salue Marie » pour le plafond, quelques alléluia pour le vent de sud-ouest et quelques « Notre Père » pour avoir quelques cumulus…Ceci pour vous expliquer que l’on tient nos sources de la borne wifi installée…dans le clocher de l’église du village.

Une majeure partie de la troupe « PSV » nous quitte ce samedi matin direction la France. Seuls cinq irréductibles résistent à l’appel de leur fiancée et s’entêtent pour une der de der (peut-être the big one) alors qu’on s’en est déjà mis plein la panse toute la semaine. Je cite, Franck, Erik, Dgilou, Sylvain et moi .

La belle bleue (une Renault) restera au village de Piedrahita et minot et minote Laporte abandonnés à la piscine.

C’est donc à cinq que nous montons dans ma voiture jaune au milieu de tentes, duvets, casseroles, vélos etc etc…la première épreuve du jour est donc de ne pas se faire chopper par la Guardia civil avec Erik sur les genoux de Franck !

Motivé, je redescendrai au village poser la voiture après avoir déposé tout le monde au déco et remonterai en stop….ouf !

Jusque là, que de l’intendance me direz vous! Mais c’est qu’elle est lourde, un jour de transhumance, mais rien ne nous déstabilisera, même si Franck a dans un coin de la tête qu’il a oublié d’acheter le jambon serrano…ce détail aura son importance.

Midi on est à pied d’œuvre sur le déco de la Peña negra mais pourquoi donc alors que ce site exposé N-O tourne le dos au soleil…et oui, cette région si propice à l’instabilité thermique ne dispose que de ce déco mal placé mais desservi par une route goudronnée.

Quand Mr le vent voudra bien se donner la peine de se mettre à l’endroit, on se préparera. Mais pas trop tôt quand même !

Le schéma météo est idéal, à savoir gros bordel sur le déco. Le vent météo très faible est parallèle à la crête alors que des brises thermiques montent par les deux versants. Résultat, de gros Dust Devil font peur à tout le monde !

Et pourtant c’est ici un indicateur de bonnes conditions.

Patrick, sympathique pilote Grenoblois est harnaché sur le pas de tir lorsque je crie « DUST » il sourit, n’y croit pas et se fait violemment trainer, déchirant du même coup la Mercury pourtant frétillante à l’odeur des bouffées thermiques. Pour lui c’est cuit, on compatit.

Dans ces conditions, très peu de pilotes voleront ce jour. Une erreur à mon sens. Le dust devil ( voir lien en bas de page) est un phénomène très localisé qui ne reflète pas une situation générale et doit être oublié dès que l'épisode est terminé.

Il ne faut pas s'harnacher trop tôt cependant...

Dgilou, et moi décollons syncro à 13 h 26 suivis de très peu par Sylvain et Franck. Quant à Erik, il faudra qu’il attende puisque les bouffées de vent de face jouent à cache-cache.

Les premiers thermiques sur la pente mal exposée sont complètement anémiques mais ça on le sait…La grande difficulté de ce cross classique est de franchir le col de Villatorro au km 15. Cet exercice de style fait couler chaque jour 70 % des effectifs qui posent un peu avant ou un peu après le haut verrou.

Quatre frenchies, 4 styles différents. Pour Dgilou, c’est trop précipité, il pose dans un temps record avant le col. Pour moi, pareil…sauf que finalement, à 100 m/sol un pet de none me sauve la vie surveillé de très haut par l’insolent jeune Laporte qui ne verra aucune difficulté dans l’exercice.

Ce n’est pas le Syndrome du col qui aura raison de Franck mais celui de la gourmandise ! Mais oui mais oui !

A 3000 m au dessus du col il se rappelle qu’il a oublié……. d’acheter le jambon !

Voilà donc Dgilou et Franck sacrifiés pour récupérer voitures, enfants Laporte et Erik dernière victime du col.

La suite du vol pour les Laporte, j’ai presque envie de ne pas la raconter tellement c’était cool. J’ai bien entrainé Sylvain en début de parcours dans un endroit très mal placé qui lui vaudra 5 fermetures en quelques secondes mais nous nous installerons très vite en milieu de plaine généreuse d’Avila pour y rejoindre de nombreux planeur. Nous volerons quasi aile dans aile jusqu’au km 70 quand tout à coup Sylvain décide de ne plus me suivre.

Mais pourquoi ?

Je dois régler un problème papa je te rattraperai !

Ha bon ! S’il le dit…

La trajectoire passe largement au nord d’Avila, ce qui permet d’éviter les vilaines TMA de classe A de Madrid. Je dois signaler d’ailleurs que le vampirisme de la règlementation a sérieusement réduit le champs de manœuvre des planeurs dans cette région qui était pourtant la Mecque européenne du vol à voile. Tout fout le camp !

L’heure avance, le plafond monte à 4200 vers 16 heures c’est honnête mais sans plus si on considère que le sol est à 1100. Il faut savoir que dans cette région les plafonds dépassent souvent les 4600 m.

Papa, ça y est j’ai réglé mon problème. C’était ça ou me poser !

Ha oui et c’était quoi le problème ?

Je me suis volontairement pissé dessus !

Pfffff ! mdr.

Nos trajets ne se rejoindront finalement pas. Sylvain survolera la très belle ville de Ségovia alors que j’y passe très au nord. Le reste du vol ne sera que patience et contemplation. Je connais très bien cette région vu du ciel et donne régulièrement ma position à la voiture conduite par Gilles qui me rattrape. Les équipiers radio sont les tout djeuns Laporte qui participent, c’est la fête pour le clan.

Sylvain se pose au bord de la N 110 au km 135 et tout ce petit monde poursuit son voyage pour finalement me rattraper et me surveiller.

Il n’est plus besoin de chercher les pompes, des troupeaux de planeurs les indiquent. C’est la guinguette ! Tous les quart d’heures j’annonce « je suis à 3000, je continue. Le malheureux Dgillou est vert mais aussi très content de rendre le service de la récup.

20 h 21, je suis à 3030 m, je vise la nationale 110 toujours en direction de la France et ce dernier coup de toboggan me gratifiera de 18 km.

A 300 m/sol le vent s’inverse, la vitesse passe de 42 à 22 et je n’aurai même pas besoin de tourner pour poser. Il suffit d’aller tout droit.

Dernière fantaisie, je me pose sur la nationale 110 qui est déserte pour quelques instants, Sylvain me tape dans la main à un mètre du sol. Mes trois enfant sont là, j’affale à coté de la voiture, c’est royal. La moulinette dira 205 km mais en ligne droite çà ne fait jamais que 201.

Je rêvais de ce vol qui serait plus grand que ce que j’avais fait en delta.

Pour le réussir il a fallu de bonnes conditions, un peu de chance et une motivation de mort de faim. Pour ce qui est du matos, une voile de loisir suffit, j’en suis toujours convaincu.

Pour fêter on va au restau, la bouffe y est dégueulasse, c’est normal c’est ça aussi l’Espagne.

L’an prochain, je refais, juste pour vous rapporter des photos. Mais au fait, vous ne viendriez pas avec moi !

Aperçu du vol ici

et trace sur demande.

Jean Michel Gros Fourbe.

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Les liens photos:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commenter cet article

JJ 14/08/2010 23:25



OK. Merci pour ces infos. Je vais voir ce qu'est iMovie 09. Je fais mes films et photos avec un TZ7 également et je suis aussi bridé à 500. Dès que je trouve un sponsor je bascule en vimeo
pro....



dgerzy 14/08/2010 15:52



ah oui et au niveau matos, les photos et la plupart des films sont pris avec mon Lumix TZ7, qques un avec la GoPro du club



dgerzy 14/08/2010 13:23



salut JJ,


Merci pour le compliment ! Je suis pas expert mais j'ai quand même qques notions. Je suis néanmoins preneur de tout bon conseil, tuto, autre pour m'améliorer !


C'est vrai qu'on a passé une excellente semaine à Piedrahita et qu'une seule petite vidéo de moins de 10min ne donne qu'un bref aperçu


J'ai utilisé iMovie 09 pour faire le montage et le premier export en qualité HD. La vidéo faisait alors 657Mo exactement. Comme Vimeo bride à 500Mo pour les comptes simples (ben oui chuis radin
sur internet ) et que je me suis dit que télécharger 650Mo n'était pas rapide pour tout le monde, je l'ai passé dans les
mains de Handbrake avec les réglages de base pour la HD (codecs H264 pour l'image, AAC pour le son) et elle est sortie à 270Mo, sans perte visible de qualité (j'ai un iMac 21.5").


Si tu veux d'autres détails, n'hésite pas !



JJ 13/08/2010 17:16



Joli film qui donne envie de participer! J'ai une ou deux questions si tu veux bien: Quel logiciel de montage utilises-tu et quel est le poids de ce film?



Franck 11/08/2010 19:05



Bravo a Bea Jml et Alex pour leur contribution, qui me font revivre cette formidable semaine.


J'ai beaucoup appris sur l'enroulement d'un thermique (faut dire qu'on etaient servis !!) a les trouver en suivant rapaces et cigognes, a me mefier des dusts sournois...et surtout vivre a l'heure
espagnole devant un verre de sangria bien fraiche et quelques tapas  :)


En souhaitant a Corinne une rapide guerison...