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Publié par Bruce



Les SIV sont un formidable moyen de progresser en pilotage, de prendre
confiance, de dédramatiser les fermetures asymétriques, les auto rotations, les
frontales, décrochages...
D apprendre à garder son sang froid lors de ces incidents, de faire les bons
gestes, de piloter( le juste milieu entre surpilotage et viscosité mentale).
Paradoxalement je pense que les SIV peuvent aussi représenter un facteur de
risque important.
Notamment par l' excès de confiance que procure cette impression qu'après avoir
mis son aile dans tous les sens et d'avoir récupéré l affaire, il ne peut plus
rien nous arriver.
C'est oublier trop vite le contexte d'un SIV : beaucoup de hauteur, au dessus de
l' eau, un moniteur à la radio, l' absence quasi totale d' incertitude sur ce
qui va se passer, à quel moment cela va se passer et ce qu' il y a à faire pour
remettre l'aile sagement au dessus de la tête.
Puis un détail d' importance, un SIV se déroule toujours en air calme.
Cela change énormément de choses. Une tempo qui paraît si simple en air calme
devient beaucoup moins évidente lorsque' on se trouve dans des turbulences( sous
le vent d obstacles, de thermique..., dans de forts cisaillements, confluence de
brises, de vent). Pour se trouver dans des situations délicates pas besoin de
tenter le diable. Par exemple en vol du soir sur de grands atterro comme celui
de St. André(carrefour de brises...) il n est pas rare de se faire secouer.
Une aile qui part dans tous les sens,
qui ferme à droite à gauche..., qui devient molles même en recherchant le
contact, tout ceci avec la proximité d un relief, le stress qui contrairement en
SIV ou celui ci est stimulateur, là il peut vite devenir source d erreurs de
jugement, de pilotage (trop tôt, trop tard, trop longtemps...).
Évidemment la proximité du relief. Nous avons malheureusement eu plusieurs
exemples ces derniers mois qui nous ont rappelé que quelque soit le niveau de
pilotage, l expérience, la prudence personne est à l abri d un accident après un
vrac proche du relief.
Bref les SIV sont une réelle plus value pour progresser, voler plus en sécurité
et prendre encore plus de plaisir en l air car vous gagnerez en sérénités même
lorsque les conditions deviennent sportives. Mais il faut garder à l esprit
qu'ils ne nous préservent pas de tout.
Les SIV sont aussi une source incroyable de plaisir grâce au cocktail :
adrénaline /pilotage /groupe / milieu aménagé.
De Nombreux pilotes d'accro ont basculé dans le coté "obscure" (Fun) du
parapente grâce à ces merveilleuses sensations découvertes en SIV.
ps : comme dans beaucoup d'autres pratiques physiques la video m'a permis de
constater le décalage important entre ce que je pensais faire et ce que je fais
réellement. j'ai pu identifier de nombreuses erreurs et gestes parasites...

 

"J'oubliais le + important: Bruce est assurément cinglé!

Il demande à tester la fermeture asym accélérée au 2ième barreau, et tenter de sortir du vrac en gardant la fermeture.
Du déco, alors qu'il était loin, on l'a vu plongé avec l'accélération, se prendre la moitié de l'aile sur la tronche qd il a fermé ... puis ce fut la destruction de l'ensemble. Enorme vrac! Mélange de décro, autorot ... Les images de la Gopro sont impressionnantes! Mais il se récupère et pose au sec!
Ca a un peu plombé l'ambiance au déco." Bruno L

la video n'est pas si impressionnante mais la claque que j'ai pris a été réellement forte à telle point que le lendemain mon decro et ma première sat( trop bon :-) ) m'ont paru tranquillou !!!

Cinglé !? certainement mais pour l'occasion je pense que c'est le contraire.
Mon aile est classé EN C justement pour cet incident : fermeture asymétrique accéléré.
C'était mon objectif principale pour ce SIV. Le vivre en milieu sécurisé est selon moi un atout majeur.
Ceci dit je tiens à préciser pour ceux qui n'ont jamais fait de SIV que la difficulté des exercices est très progressive.
Lors de mon premier SIV j'avais fait des autorot. et des décrochages. Malgré cette "expérience" j'ai commencé par du tangage, du roulis, puis des fermetures asymétriques non accélérés, sans départ en autorot.( contre sellette immédiat...) puis avec autorot, puis au premier barreau( ce fût facilement gérable), Wing... 
Enfin le programme est établi en concertation avec le prof. en fonction de nos attentes, notre niveau et de notre forme avant le run.

Bref c'est très formateur, ludique et terriblement stimulant. 
C'est une merveilleuse occasion de découvrir les possibilités très vastes de nos ailes, nos ressources et limites de pilotages.
Tout ceci nous permet de voler avec plus de sécurité en apprenant à bien réagir techniquement et mentalement en cas d'incident. 
C'est le moyen d'avoir un plan de progression, le plaisir d'évoluer en pilotage et de découvrir les premières figures d'accro
Et ça c'est très bon ! ;-)

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Bruce 01/12/2012 21:49







souvent l'inverse qui se produit. nous félicitons trop exclusivement ceux qui osent prendre des risques…

L' art de renoncer! c'est certainement le domaine dans lequel je dois le plus progresser.
Apres le drame de Jean Luc, le constat que personne n'est à l'abri, très expérimenté et ou très prudent( Luc ARMAND, Frigo, Groogroo, Christian…la liste est tellement longue ).
j'ai pensé plusieurs fois à arrêter. Rien ne vaut la vie et de faire vivre à ses proches un tel drame. Pourtant je vole toujours autant. la passion et l'addiction ont été plus
fortes.
Cependant j'ai changer mon attitude. Avant ce drame j'étais de plus en plus dans une optique de performance, j' étais en excès de confiance, je ne voyais plus le danger je cherchais
uniquement les moyens d'être plus performant( passer sous une D…), de gagner encore des places en compétitions, je faisais des cross de plus en plus engagés. La volonté d'aller toujours
plus loin me rendait de moins en moins objectif sur mes prises de risques.
Aujourd'hui la compétition est pour moi un moyen de continuer ma formation, de retrouver les copains, de varier les sites mais le classement n'est plus mon objectif, voler en sécurité
oui.
La compétition présente de nombreuses vertus mais également beaucoup de travers. On néglige parfois la sécurité comme nous venons de le voir par perte d'objectivité. Que ça soit par
excès de motivation et d'esprit de compet qui engendre des attitudes à risques mais aussi à cause des pressions ! un exemple : les conditions au déco ne sont pas bonnes, en cross je ne
décollerai pas, mais c'est la compet, les autres pilotes décollent…( cf cette année une compte déco sous le vent il y a eu de nombreuses fermetures pourtant très peu de pilote ont
renoncé !!!)
Renoncer est encore plus difficile dans le contexte de compétition( pression plus fortes…) mais c'est le gage de pouvoir bénéficier des vertus de cette pratique sans subir ses
inconvénients. 

C'est plus facile à dire qu'à faire. je pense qu'il y a un énorme travail sur soi pour changer ses attitudes, ne pas subir les pressions… c'est en cela que l'étude des facteurs humains
est selon moi une réelle plus value pour notre sécurité.
J'ai toujours été concerné par la sécurité. Notamment car j'ai pratiqué divers pratiques à risques( escalade, vtt descente, kite…) qui impliquent une rigueur pour préserver son
intégrité physique. Je ne suis pas une tête brulé mais plutôt peureux. Paradoxalement je prends énormément de plaisir à "maitriser" une situation à risque et vivre cette concentration
extreme qui sublime nos sens et nos ressources .

FH ! si je veux voler avec le meilleur rapport plaisir/ sécurité je dois travailler sur cet aspect de ma personnalité.

Je vole beaucoup( 150h cette année) je diversifie mes pratiques : soaring, cross, compétition, biplace, speed flying. Je fais un SIV/ an( plus entrainement dès que possible), je lis et
questionne bcp.
Je n'ai jamais autant eu conscience de notre vulnérabilité depuis l'accident de Jean Luc( très expérimenté, performant, se disant pilote apaisé, assagi). je pense très fort à mes
proches. J'ai changé certaines de mes attitudes pour gagner en prudence.
Avant cela lorsque j'étais sur un déco c'était très rare que je ne décolle pas et si je ne volais pas ma frustration était pesante. Aujourd'hui lorsque les conditions sont limites je
pense à ceux que j'aime, à la chance que j'ai d'être en bonne santé, à toutes les autres activités passionnantes qui m'attendent si je ne vole pas. Aujourd'hui je prends beaucoup plus
de plaisir à faire 20' ou 2h de gonflage plutôt que de voler coute que coute. 

Pourtant je prends toujours des risques !!! 

Ces dernières semaines il y a eu de nombreuses sessions mini au cap sicié. Un régal. Consciencieusement je prenais le temps de bien mesurer la vitesse du vent, en me concentrant sur les
conditions de vols, en m'échauffant parfois plus d'une demi heure voire une heure ( gonflage) avant de décoller. de bien repenser à mes priorités.
Mais je suis tombé dans le piège de l'excès de confiance et de la perte d'objectivité dans la prise de risque.
En faisant beaucoup de gonflage j'ai pris confiance à tel point de me sentir à l'aise, en confiance, en sécurité même lorsque le vent monte jusqu'à 5O km/h établi rafales > 60 !
Effectivement les gonflages et les vols se sont bien passés, aucune alerte, aucune frayeur. Certaines approches par contre étaient bien sportives. Evidemment la puissance et l'amplitude
des perturbations à 50, 60 km/h c'est tout sauf raisonnable. ces ailes sont incroyablement solides mais elles ont aussi leurs limites et en une seconde ça peut être la fin du match
!
Malgré ce constat, ma confiance engendrée pendant le gonflage, en vol et le plaisir que cela me procurait, j'ai fait abstraction des forts risques que les atterro représentaient !!!

Voila un autre exemple qui explique pourquoi il y a des accidents en parapente, pourquoi il est vital de se remettre sans cesse en questions et en quoi les facteurs humains jouent un
rôle très important dans l'accidentologie. 
l'art de renoncer lorsque l'on se sent capable mais que le risque est trop fort. j' y travaille ! 



Après des mois de réflexion j'ai la certitude que le parapente est un sport à risque mais le plus grand danger c'est nous même, nos attitudes.../ prises de risque. Les réels
impondérables dangereux restent exceptionnels. Je suis convaincu que si l'on prends toutes les précautions et que l'on travaille sur nos faiblesses /FH, nous ne risquons pas plus notre
vie en parapente que dans bien d'autres activités courantes sans que nous en ayons vraiment conscience( cf les causes de mortalité en France). 
Les infections nosocomiales sont statistiquement 3 fois plus dangereuses que le vol libre( pas de stat pour les libériste qui vont à l'hôpital pour une blessure ), les accidents
domestiques…)

Un grand Merci pour avoir organisé cet événement, aux quatre excellents orateurs et à tout ceux qui oeuvrent pour réduire le nombre d'accident( formations, informations, conseils,
avertissements, réunions, assistances biplaces, matériels, améliorations des sites…)

Que vive le Vol Libre et ses passionnés.

Bons vols. 
ps : il est intéressant, notamment avant de prendre la décision de décoller, de se rappeler ce qu'est un bon vol pour soi ! 

Bruce















Bruce 01/12/2012 14:58


En attendant la video du colloque et la lecture du manuel des facteurs humains que je recommande vivement :


 


"les erreurs de jugement conduisant les pilotes à prendre de mauvaises décisions constituent une grande part des causes d'accident. Aider le pilote à prendre des décisions pertinentes est donc
crucial pour la sécurité des vols" (Direction Générale de l'Aviation Civile Française). 


Depuis que ces facteurs humains ont été pris en compte  dans les années 50 dans l'aviation le nombre d'accident a statistiquement été diminué de 80%. évidemment cela n'est pas la seule
explication mais l'apport de la prise en compte des ces FH ne laisse aucun doute !


 


En VL les statistiques confirment que la majorité des accidents sont liés à ces FH.


 


Une des propositions de ce colloque est d'établir une check liste pour ces facteurs humains avec un système de point ( suis je fatigué, stressé, motivé, sous pression…) et un score qui nous
aiderait à être plus objectif sur notre disposition à voler le jour même. une check liste aussi importante que celle de la vérification des attaches sellettes…


 


le bilan 2012 est effectivement en forte augmentation/ 2011 et non proportionnel à l'augmentation des licenciés.


En effet en 2011 il y a eu une centaine de déclaration d'accident, plus de 600 en 2012. Six décès en 2011, >13 en 2012. (chiffres à préciser)


Pour le moment il n'y a pas d'explication à cette très forte hausse.


 il n'y a pas un grand % d'accident dû à l'inadéquation entre niveau de pilotage et catégorie d'aile.


Ce que l'on constate c'est que les accidents concernent tous les niveaux de pilotage et catégories d' ailes.


Néanmoins il faut noter que paradoxalement les pilotes les plus expérimentés sont les plus touchés. La majorité des accidents sont dû à des prises de risque excessives et à la mauvaise gestion de
ces derniers.


C'est une des preuves de l'importance des FH. Un pilote expérimenté va mieux analyser et anticiper plus de pièges aérologiques… qu'un pilote débutant, être moins fragile face à certaines
conditions mais il va plus souvent chercher et ou dépasser les limites.


Autre travers de l'expertise en vl c'est le sentiment d'invulnérabilité du fait, notamment, d'avoir vécu de multiples expériences plus ou moins fortes voire périlleuses sans jamais avoir eu
d'accident. Ceci peut être la cause d'accident par baisse de vigilance ou parce que ce sentiment pousse beaucoup de pilotes à repousser toujours plus leurs limites. 


Mais aussi l'excès de motivation et d'optimisme( c'est bon ça va le faire, ça va passer. je m'en sors à chaque fois il n'y a pas de raison que ça soit différant aujourd'hui), de surestime de soi.


 


à l'inverse une attitude qui "préserve" les pilotes quelque soit leur expertise est d'avoir une réelle conscience et de garder en tête à chaque vol,  que nous sommes fragile, vulnérable en
VL. 


Toujours envisager les possibilités( favorables et défavorables) d'une situation pour pouvoir anticiper les meilleurs solutions avant qu'il ne soit trop tard. 


User du "et si".


 


Ceci dit encore trop d'accident  sont  dus à la méconnaissance des risques et pièges. Beaucoup de pilotes ne sont pas suffisamment formés. ils n'ont plus rien fait après leur stage
d'initiation. Ni Stage perf, ni SIV, ni lectures, ni échanges avec pilotes expérimentés, prof, brevets, remise en questions…


 


En résumé, les propositions pour réduire le nombre d'accident :  - encourager les pilotes à continuer leur formation 


                                                       
                                                       
    - sensibiliser les pilotes à l'importance des FH 


                                                       
                                                       
    - élaborer des outils permettant d'objectiver l'impact des FH sur les prises de risques


                                                       
                                                       
    - développer une culture commune de la sécurité, de la gestion du risque, de l'art de renoncer


                                                       
                                                       
    - se responsabiliser/ à la sécurité des autres. la sécurité est l'affaire de tous pour la santé de chacun mais aussi pour que vive le VL. Oser dire à un pilote lorsqu'il se met en
danger, lorsque ses choix, ses comportements sont à risques.


 


 


 


Personnellement je pose l'hypothèse que la forte hausse des accidents cette année est certainement lié en parti à la mto. 


Je ne veux pas dire que les conditions ont été plus fortes( il semblerait que la comparaison avec les 10 années précédentes ne montre pas d'évolution de la force du vent, des thermiques… se
sentiment exprimé par certains pilotes serait lié au fait qu'ils volent à des heures ou des jours où les conditions sont plus fortes que ce qu'ils avaient  l'habitude de faire il y a qlq
années.)


Mais à l'évidence cette année il y a eu beaucoup moins de jours volables. Une preuve : dans les alpes du sud il y a eu 11 compétitions annulées( reports annulés non compris).


Ici rentre en jeu les FH.nous le savons, nous sommes accros et vite en manque de vol. dans un tel contexte de privation nous avons été nombreux à flirter avec nos limites en volant des jours où
nous n'aurions objectivement pas dû !


 


Pour diminuer le nombre d'accident je propose aussi que l'on arrête de dédramatiser les incidents de vol lorsqu'il n'y a pas d'accident. J'ai un exemple tout récent puisque samedi dernier il y a
eu au moins deux incidents, à Sicié. un posé très chaud sur la route dans les rouleaux entre troncs d' arbres et voiture et un posé sous le vent, sur les énormes rochers de la digue de la station
d'épuration !


Heureusement, encore une fois rien de grave, incidents sans  blessé. c'est génial. Sauf qu'avec la joie que tout se termine bien mais aussi "l 'habitude" des sketchs sans conséquence( le
parapente n'est pas si dangereux si l'on tient compte des statistiques de non accident!!!) nous dédramatisons. Nous en plaisantons puis nous oublions ou ne gardons que le coté positif .


Je pense que c'est une grave erreur de notre part. samedi vu les incidents cela aurait très bien pu finir de façon dramatique pour l'un comme pour l'autre. 


En dédramatisant nous reproduirons les mêmes erreurs, des prises de risques, nous tomberons dans les mêmes pièges. Nous ne prévenons pas d'autres pilotes qui  auront peut être moins de
chance.


Cela touche la culture collective.


Pour développer cette culture de la sécurité certains clubs(ex parapentaix…) se réunissent au moins une fois par an pour partager l'expérience, les incidents… de chacun. Ainsi exposés les
mésaventures des uns ont beaucoup plus de chance de permettre aux autres d'éviter les mêmes pièges, erreurs…et ceux qui exposent leur incident bénéficient de points de vue ext, d'analyses de
pilotes expérimentés…


Je trouve cette initiative particulièrement productive !  


 


Cette culture collective devrait aussi valoriser "l'art de renoncer"(http://www.mentalpilote.com/lart-de-renoncer/) or en pratique c'est


 souvent l'inverse qui se produi

Bruce 24/11/2012 04:02







Salut,
en attendant le colloque de samedi j'ai bouquiné le "manuel facteurs humains pour les libéristes".
Je vous le recommande.
Nous y trouvons un ensemble de moyens pour progresser dans les prises de décisions et la gestion des menaces.
Je pense que nous avons tous à gagner, en terme de sécurité, à identifier nos " faiblesses" en terme de facteurs humains.
Nos formations de parapentiste sont bonnes mais elles se concentrent quasi exclusivement, par nécessité, sur le pilotage, le matériel, l' aerologie.
Or 80% des accidents sont liés à des facteurs non techniques.
Stress, émotions, physiologie, attitude, pression, culture, motivation, conscience de la situation, prise de décision, gestion des menaces.
Autant de notions à identifier, isoler, analyser pour sa personnalité, son propre vécu, avant, pendant et après chaque vol...
Nous apprenons à nous remettre en question en nous posant les bonnes questions.
à nous méfier de certaines qualités qui dans le contexte du vol libre peuvent devenir un danger : ex l'optimisme...
bien à vous








Commentaire n°13 posté par Bruce avant-hier à 21h05








"Salut Bruce,

Pas encore lu ce bouquin, mais comme toi, je serai au colloque ce samedi car je
compte bien en retirer qque chose.
Maintenant, au risque de simplifier un peu, je crois bcp en l'équilibre
Compétences du Pilote / niveau de son aile et aéorologie du moment.
Je pense que les facteurs non techniques dépendent bcp du respect ou non de cet
équilibre. Le fait de voler avec une aile non maitrisée genère du stress et
amène au surpilotage. Le fait de sortir dans des conditions trop turbulentes / à
son niveau: idem.
Je pense que c'est le fait d'être dépassé, de ne pas maitriser la situation, qui
est générateur de stress et qui amène à l'accident. Tant que l'on comprend ce
qui se passe et que l'on a pris ses marges, no problem même si l'aile se met
chiffon.
Thermiquer au relief sous le vent, envoyer au relief doivent se faire en
connaissance de cause, en étant sûr de sa technique, de son matos et de sa
capacité à se décider sur l'instant (gestion du vrac? secours?). Si tu subis
dans ces moments, c'est clair, tu es dans le rouge."

Salut Bruno,
oui l'adéquation entre les compétences techniques, mentales... d'un pilote, son matériel et l'aerologie est primordiale.
Mais lorsque cet équilibre n'est pas respecté c'est qu'il y a une erreur dans la prise de décision, dans la gestion des risques. Divers raisons peuvent être à l'origine de cela.
l'influence = la pression, la culture d'un groupe de pilote. L'excès de motivation, d'estime de soi... ce sont bien les facteurs non techniques, les facteurs humains, qui sont à
l'origine de ce type d' accidents.
Ceci dit je ne suis pas certain que cette inadéquation soit la plus fréquente source d'accident( peut être que le colloque nous donnera la réponse).

En compétition j'ai côtoyé de très bon pilotes expérimentés. j'ai dû me rendre à l'évidence que très peu n'avaient jamais eu d'accident. ils avaient pourtant largement le niveau pour
l'aile et l'aerologie du moment mais ce jour là ils ont fait de mauvais choix. 
à chaque fois que j'ai eu une explication de leurs accidents les facteurs humains étaient en cause. Fatigue, stress, pression, attitudes, inconscience ou ignorance de leurs limites, des
risques... 
je trouve très enrichissant, salvateur de prendre du recul par rapport à cela. D'identifier les raisons qui nous poussent parfois à prendre des risques excessifs et ou à les ignorer.





Bruce 16/08/2012 11:12


https://vimeo.com/47619475

Salut,
malheureusement oui j'ai grillé un beau joker !
c'est clair que les jambes dans les kékés je me voyais plus passer mon après
midi à me débrancher plutôt que de voler jusqu'à Bauduen. Mais à ce moment là
j'étais heureux d'avoir un matelas végétal sous les pieds car quelques secondes
avant j'ai vraiment frôlé l'impact avec le sol.
si vous avez des commentaires, des critiques sur ce que vous avez vu n'hésitez
pas. il y a un décalage important entre ce que je vois sur la video et ce que
j'ai perçu dans l'action.
je viens de décoller, c'est plutôt mou, la brise n'est pas encore installée. Je
me rapproche de vous, vous êtes dans un thermique.
je me prends une "bouffe" en rentrant dans le thermique je laisse l'aile voler
pour bien rentrer dedans et encaisser mais je me fais décaler latéralement bcp
plus fort et longtemps. je me suis peut être fait éjecté du thermique? fermeture
dû au fait d'être sous le vent d'un puissant thermique? ou d'avoir été trop
brutal dans mes actions pour me dégager du relief ? je n'ai pas eu l'impression.
ça ressemble aussi à un effondrement du bord d'attaque similaire à un wing dont
je n'aurai pas tenu l'extérieur. lorsque je me suis fait embarqué le roulis
était important et lorsque je l'ai contré l'aile n'avais plus d'énergie(
fréquente source de fermeture en wing)
Dans tous les cas j'avais l'impression d'être beaucoup plus haut que dans la
video. j'ai pourtant vu le sol arriver très vite. j'ai eu le réflexe( merci les
séances de gonflage...) de lever les mains pour que l'aile se regonfle au plus
vite, revole et faire appuis sellette pour essayer de me réorienter face à la
plaine. Mais en pensant à relever les mains je me suis dit que j'allais peut
être, du coup, impacter en phase d'accélération. J'ai gardé l'option mains
hautes car dans le cas contraire l'impact était inévitable. là j'avais une
chance que ça passe. Tout s'est passé très vite mais en même temps bcp de choses
défile dans la tête sur ce qu'il y a faire, sur les conséquences d'un éventuel
impact...
ouf l'aile revole avant le sol mais ce fût plus que limite puisque je ne
pourrai passer au-dessus des kékés quelques mètre devant qui pourtant devaient
faire pas beaucoup plus qu'un mettre de haut.
Mes pieds rentre dedans je commence à m'enfoncer. je freine pour que l'aile ne
me double pas et ralentir, amortir mon branchage. Au même moment je prends une 
rafale qui va m'extraire des kékés je relève les mains, je finirais mon vol à
Bauduen.

Magnifique vol, inédit pour moi : survol du lac de Carces( encore un, quelle
belle région), de Salernes et ses alentours, le village de mon enfance. Bonus
génial ma femme, mes enfants étaient à Salernes ils m'ont vu "dans le ciel".
Recup à Bauduen par un ami d'enfance...

Ceci dit mon vrac a bien perturbé mon vol. j'ai réussi à refouler les idées
négatives en début de vol en me concentrant sur l'action, la recherche des
thermiques, le pilotage actif voire parfois sportif et la motivation de
rejoindre Salernes mais plusieurs fois le contexte dramatique de ces derniers
mois, mes doutes sur ma volonté de continuer à vivre ma passion/risques
resurgissaient.
je me disais : savoure ce cross car c'est peut être le dernier. Je m'imaginais
demander les coordonnées de la grande crosseuse du coin, qui a arrêté du jour au
lendemain, pour savoir comment elle avait fait pour prendre cette décision en
étant aussi passionnée.
Mais la beauté du lac et la proximité de Salernes prenaient le dessus. Arrivé à
Salernes j'avais du gaz, j'hésite à poser, mais quel dommage le Lac de St Croix
est proche et une superbe rue de nuage se matérialise entre Canjuers et le lac.
Je vais continuer mais en roue libre, avec beaucoup moins de conviction, de
patience et malgré les belles conditions du jour je vais vite sortir du rythme
et ne pas profiter de la rue de nuage.
Attero tout doux dans un magnifique champs.
Mon esprit alterne alors entre une grande joie, celle d'avoir vécu ce beau
cross, survolé Salernes…et la tristesse d'avoir eu encore une preuve flagrante
que nous ne sommes jamais à l'abris d'un drame, la tristesse de penser que si
j'étais responsable, logique je devrais abandonner cette pratique si magique.
Deux jours après et un peu de repos, je rêve de crosser !
C'est grave docteur ?

Merci Pascal pour les photos magnifiques et bravo pour ton vol incroyable
jusqu'à Castellane, via les gorges du verdon . je te croyais parti vers l'est,
Draguignan… !?
Hors mis mon vrac, départ en cross super sympa avec 10 crosseurs à St
Anastasie…Bravo à tous mais effectivement une mention particulière pour Donald
qui fait encore un très beau cross à 77 ans dans des conditions pas si simple.

dob 31/07/2012 14:57


Le parapente c'est dangereux.


Je n'ai pas grand chose à ajouter à ça sinon que sur ce point il est vrai que nous sommes tous un peu autruche en répondant non.


Mais ça c'est un peu con. C'est bêtement statistique. Et la vie, la passion, les risques, c'est pas que des stats...


Je crois qu'on se voile un peu la face pour pouvoir continuer de voler sans faire peur à nos proches, voire les entrainer avec nous...


 


Ma petite expérience pour tenter d'avancer sur le SIV : J'ai commencé en 2005 en volant en plaine. C'était cool, ennivrant, presque "facile".


Jusqu'au jour ou je me suis pris un dust à mon 20ème vol : décro dynamique, frontale et plein d'autres trucs que je n'ai même pas calculé à l'époque. Réouverture à 15m sol.


Résultat : la trouille du thermique pendant plusieurs années.


Jusqu'à ce que je fasse un SIV avec le club. Là, petit à petit, j'ai repris un peu de confiance (sans excès, toujours méfiant) et de plaisir à voler.


Donc le SIV, c'est pas queudale non. C'est très utile! Mais c'est clair que ça ne remplace pas la claque de la vraie situation. Tôt ou tard, on se la prend. 


Avant ou après un SIV, c'est l'expérience de chacun qui fait la différence.


Le truc c'est que le SIV c'est pas un vaccin contre l'accident, mais c'est un putain de super outil.


Et pourtant, ce n'est pas un vieux pilote chevronné qui parle je ne suis pas sur d'avoir 200 vols :)


 


Aujourd'hui ma voile n'est plus très saine pour le vol. Je suis allé faire du gonflage à l'ouest l'autre soir et j'ai regardé tous ce monde en l'air avec envie. 


Ca fait super longtemps que je n'ai pas volé, je me pose beaucoup de questions et pourtant ça me manque, ça me ronge les tripes.


Je continue de marcher en attendant. Et pourtant il y a un mois, au cour d'une rando toute gentille au Jocou, les conditions sur la crète étaient pourries: pluie vent fort en rafale,
brouillard. 


A tel point qu'on ne voyait plus le chemin et qu'on aurait pu glisser comme des cons du mauvais côté. On s'est alors dirigés en vallée pour ne pas tenter le diable.


Je suis pas en train de dire que la rando est plus dangereuse que le parapente, mais c'est aussi un loisir où il y a parfois quelques risques et des décisions à prendre.


 


Oui, le parapente c'est dangereux, comme beaucoup de choses. Mais plus dangereuses encore sont les mauvaises décisions qu'on prend tous un jour.