Récit du vol du Samedi 11 Février
Le 11 Février est un grand jour !
Tout avait merveilleusement commencé : ciel clair dès le matin, légèrement voilé certes, mais qui n’l’est pas après 5 mois de c’p… d’hiver ! En arrivant sur le déco du pic, l’aigle enroulait déjà, pépère, y’a pas de concurrence à midi !
À 13 heures les habitués arrivent sur le tarmac, mais la biroute fait la girouette : un coup sud, un coup nord, un coup sud ; ça l’fait, ça l’fait pas, ça l’fait, ça l’fait pas, ça l’fait? Sale temps pour les décisions rapides ! Et fait guère chaud sous les gros noirs qu’arrivent de l’Est et viennent du Nord… Alors, mieux vaut procrastiner dans la crotte de bique ! Finalement, p’tet qu’à l’ouest ça l’(aurait)fait (ferait) ? 13h30, ç’en est trop, les sellettes s’irritent, ça démange les caissons et les suspentes s’impatientent : une palanquée de 4 voiles prennent le large. Ça monte léger, ça descend abyssalement. Alors… rien ne presse, faut qu’ça chauffe, c’est physique ; sans ça c’est mort. 14h30 : longue fente lumineuse au cul du gros noir ! Les gars, c’est l’moment d’s’exciter dans l’trou ! Je décolle et pars vers l’ouest, c’est là qu’ça brille le plus ! monte tranquillement ; pas trop agité dans l’siège ; avant l’Baou je sens qu’l’autre m’aspire alors j’enroule : bien chopé le pas d’vis, un coup lévogyre un coup dextrogyre, histoire de pas cramper la même fesse. En quinze minutes, j’chuis au plaf’, j’rase la motte du noir ! d’la buée sur les carreaux ! Je trépigne dans mes sangles ! WAOUUUUUUUUUUUUU ! WOUOUUUOUUOUUOUU ! Faut qu’j’exulte ! c’est trop bon! c’est trop bon! c’est trop bon! c’est trop bon!
Comme j’ai du gaz, je file vers l’ouest histoire de s’faire une verticale et une horizontale mémorables ! Au d’ssus d’la croix, demi-tour : faut songer à rentrer, la route est longue.
Merde ! j’chuis pus si haut qu’ça maintenant ! Ça l’fait, ça l’fait pas ? Et puis non, gâchons pas tout. Re-direction vers l’ouest où les escadrilles en rouge-orange ratissent la calcaire mille mètres plus bas. Mais ! c’est qu’j’arrête plus de descendre aussi ! Aïe aïe aïe, j’chuis tombé dans la subsidence post-paradisiaque ! fini la facilité, va falloir (re)travailler la p’tite bouffe hiémale, le p’tit pet du coin du poêle, la bullette à +0,01 +/- 0,005 ! C’est faignassement mou au-dessus du dino ; pas ça qui va m’ troposphériser dans l’éther !
Tiens tiens, y’a une voile posée en terra incongruita, au bout de coste chaude ! Oh là là qu’est-ce qui s’passe là-bas ?1
Pour moi, c’est la fin, tandis que les rouges, rouge-orange, jaune et blanche, jaune et rouge, bleues, jaune et bleue (j’en oublie sûrement !) rigolent ! Y sont au-d’sus d’la croix maintenant, et pour un sacré bout de temps ! Je vais me poser, la tête encore embrumée et les doigts cryosouffrants !
Pouvais-je rêver mieux pour mon birday !
Grand merci à Béné et Steph pour la récup’.
1 En fait, Steph expérimente un nouvel aterro-déco spécial pierreux de chez pierreux!
Thierry DESNOS