Accélérateur : à utiliser avec discernement ! ! !
Dans la série parapente pédago, souvenez vous des conseils judicieux de Xavier DEMOURY, concepteur des voiles Nervures, mis en ligne par Francis Heilmann dans l'article "Que faire en cas de clé ?", le 18 05 06.
Je vous soumets quelques réflexions suite à un sketch survenu en sortie de déco ce lundi 14 août au Pas du Dino.
Arrivés avec Eric, nous retrouvons Thierry au déco.
En altitude, c'est ouest et les nuages défilent, sur le déco, c'est irrégulier, entre 16 et 28 km/h en pointe, avec des baisses.
On étudie les cycles, il y a des crénaux pour décoller.
Eric se met en l'air, ça monte devant le déco, il passe derrière les mamelons et remonte à la Croix où il se retrouve un peu scotché, mais il avance quand même.
Je me prépare à mon tour, j'attends une baisse, lève la voile, me retourne, deux pas et me voilà en l'air.
Décollage nickel.
J'ai à peine fait une dizaine de mètres, qu'un puissant thermique bien couché me fait monter en me reculant.
Je relève les mains, puis je stabilise l'aile en la freinant légèrement.
Pour éviter de reculer d'avantage je pousse le premier barreau de l'accélérateur, et là, c'est la cata : frontale suivie d'une assymétrique à droite, puis à gauche malgré mes contres respectifs à la sellette et à la commande.
L'aile plonge à droite puis à gauche mais ne part heureusement jamais en rotation.
A 5 m sol elle se stabilise et je pose en douceur sur mes deux pieds au bord du chemin qui mène au déco, je me retourne très vite et je l'affale dans les kékés.
Thierry accourt, je le rassure, tout va bien.
Bilan et conclusion du sketch :
- Primo, tout le monde le sait, l'accélérateur en agissant sur les A puis les B et parfois les C modifie l'incidence de l'aile, la rend "piqueuse" et fragilise le bord d'attaque.
- Secundo, tant que la masse d'air est calme ou laminaire, ça passe, mais si elle est turbulente, la moindre petite rafale descendante sur le bord d'attaque et c'est la frontale à coup sûr.
Ce sont des évidences me direz vous, mais il est bon , parfois de rappeler certaines évidences.
Dans mon cas, je me suis fait reculer par le thermique, et j'ai dû sortir sous le vent de ce dernier dans sa dégeulante.
Si je n'avais pas été accéléré, je ne me serais sûrement pas fait fermer, si j'avais été très haut, ça aurait été une fermeture banale, mais à 15 m/sol, ça aurait pû tourner au drame.
En conclusion : l'accélérateur en transition, oui, dans du dynamique pur ok, mais en conditions thermiques, prudence.
Je me rappelle de cet article de Sandie COCHEPAIN, championne du monde qui disait dernièrement : " J'ai décidé d'arrêter la compétition car je ne me servais plus de l'accélérateur pendant les courses."
D'accord, elle volait sous une Boomerang, mais quand même !
Autre image révélatrice dans Aérial n°47, p24 : Luca DONINI et Christian MAURER, respectivement Champion et vice Champion d'Europe qui ferment accélérés à fond à 100m/sol alors qu'ils se tirent la bourre pour franchir la ligne d'arrivée...
A méditer !
Mais pour en revenir à mon cas, qu'aurais je dû faire ?
Me laisser monter en reculant quitte à me retrouver derrière le déco en espérant ne pas finir en effet bagnard sous le vent du thermique, et essayer d'en sortir par les côtés !
Je pense que c'était la bonne solution, mais sortir l'accélérateur dans ces conditions, ce n'était pas le bon geste !!!
Et vous, qu'en pensez vous ?