Le Parapente en Provence
20 Août 2009
Vous le savez, la vie est un éternel recommencement.
Tous les matins, le même rituel qui structure notre existence. Se lever, boire le café, inspecter le monde et son entourage d'un air déjà désabusé... Où vais-je? Où cours-je? Dans quel état j'ère?, etc….
Et bien non !!!
Nous, du parti des paralpinistes, (ou tout du moins une avant garde de deux de ses membres (j’aime bien cette aparté…)), on a la dent : la dent d’Hérens (4171m.).
La voilà : C'est celle de gauche en haut de la photo avec une langue de neige sur son côté gauche. Le déco. est juste à sa droite, le glacier de montée en
dessous.

Elle ne se laisse pas approcher sans lui présenter ses respects : elle crèche dans une une vallée adjacente eu Val d’Aoste, aux confins de la France, de l’Italie, et même de
la Suisse. Donc 1000km. aller retour en voiture…). Mais pas de voiture, pas de montagne…Et en l’occurrence, pas de pasta, de cafés microscopiques délicieux, de bisteccas de vitello minces comme
des lames de rasoir, de resto où ça gueule, de gosses insupportables. L’Italie comme on l’aime quoi !!

Bref, cette montagne touche le sommet mythique du Cervin que vous apercevez ici du déco.
On ne s'est pas approché, car la corniche de neige ne tenait pas....

Mais avant d’en arriver là haut, il faut marcher… 1900m. de denivelée en deux jours quand même…
La montée au refuge en plein après-midi est un peu beaucoup longue, mais elle est splendide.

Moi, la chaleur me nuit. Serge lui, herborise du génépi. Le haut de vallée est fermé par un glacier frontal impressionnant : un vrai mur. Il s’appelle d’ailleurs « des Grandes
Murailles » et ce n’est pas pour rien.

Refuge très intime, mais lever à 3h. et marche de nuit pour 1200m. sur glacier avec des crevasses très ouvertes.

Moi, peu me chaut de monter la nuit, au contraire, il fait froid !….
Comme vous le voyez ici en vol, le glacier est énorme. Il justifie d’ailleurs le barrage.

On s’est un peu planté sur l’itinéraire de nuit. On est arrivé au col de Tournanche (3920m.). Il aurait fallu redescendre pour remonter faire le sommet.
J’ai fait un refus car le vent (très léger arrière) promettait un déco de rêve.L'attéro. est en bas au lac.

Or la veille, lors de la montée, le vent était très fort descendant comme sur tout glacier qui se respecte. Et je voulais voler jusqu’au lac (plus de 5 de finesse) : JE NE VOULAIS PLUS
MARCHER . Compte tenu qu’après l’attéro, il fallait relonger le lac (6km. quand même) pour retrouver la voiture. Or moi je ne pense qu’au vino bianco fresco à m’enlever ces putains de
groles, à soulager mon corps fourbu et las (un peu d’envolée ne nuit pas).
Une femelle nous attend dans chaque vallée, comme vous le savez. Pour Serge, ce sera comme d'hab. une (jeune) génisse italienne en chaleur qui en veut à son
Ultralite rouge, son pantalon rouge, son Gatorate rouge, son visage rougeaud... Vous voyez que j’ai pris la photo de loin tout de même… Pas con, le mec!!

Un dernier coup d'oeil sur cet attéro. de rêve...;

et sur un vol de rêve...

Les photos sont de Serge.